Transformation de l’économie, la double vie des salariés

Respect des objectifs annuels venus du haut ou réponse aux sollicitations à fort potentiel issues du terrain ?

Respect des plans et process ou capture des opportunités ?

Dans ce mouvement vers la co-économie ou autrement appelée l’ûberisation de la société, la presse souligne très souvent la progression de l’activité non salariée par rapport au salariat. Il semble qu’il y ait de plus en plus de salariés qui ont une activité rémunérée en complément de leur activité salariée. Mais dans ce papier je souhaite souligner un autre type de double activités. Une double vie, intra-entreprise, souvent non reconnue officiellement mais pourtant extrêmement importante pour le salarié comme pour l’entreprise.

D’une part ils sont sollicités au quotidien par leurs clients partenaires, pour créer, innover, capter de nouvelles opportunités. D’autre part ils doivent exécuter des plans, des processus avec des prospects et clients décidés des mois à l’avance par un management souvent loin du terrain…

Les salariés se trouvent au centre du cisaillement entre ancienne économie « top-down » hiérarchisée planifiée et la nouvelle économie « bottom-up » basée sur les réseaux et fondée sur la capture rapide d’opportunités.

Le salarié doit-il d’abord exécuter des plans dont il ne perçoit pas la valeur, le sens, et surtout qui lui semblent totalement inadaptés ou doit-il se faire entrepreneur en travaillant sur les opportunités avec clients et partenaires qui le sollicitent ?

Il est noté à court terme par son entreprise sur la première, il crée de la valeur pour le futur avec la seconde, valeur pour lui mais également très souvent pour son entreprise.

La focalisation sur la « scorecard » lui permet d’atteindre les objectifs annuels fixés et donc à l’entreprise d’être prévisible. Mais cette prévisibilité risque de la « scotcher » avec le passé, et ne va probablement pas permettre à celle -ci de se transformer et d’évoluer à la vitesse du marché qui lui se transforme très vite.  Cette prise de risque pour aller tester le futur repose dans les mains du collaborateur qui investira peut-être un peu moins dans la scorecard mais qui dénichera peut-être le prochain core business de l’entreprise.

« The edge is the core”

Le salarié doit donc de plus en plus souvent gérer deux vies au sein de son entreprise. D’une part exécuter ce qu’on lui demande et que l’on a prévu pour lui et d’autre part, prendre des risques sur des projets non sollicités par son management et parfois en opposition avec celui-ci mais qui lui semblent porteur de valeur.

Être prévisible ou être agile ? probablement que les salariés au contact du terrain sont les plus à même de piloter ce mixte, encore faut-il leur reconnaitre cette fonction pour que leur double vie soit pour le meilleur, pour eux et pour leur entreprise.

Le salarié est au cœur du cisaillement entre prévisibilité et agilité, entre exécution des plans et capture d’opportunités.

Le bon mixte, nécessaire à la performance de l’entreprise, est entre ses mains. Il en porte la pression, mais l’entreprise le sait-elle?

Sa position dans la zone de cisaillement fait de lui un élément fondamental dans la transformation digitale des entreprises pour cette fameuse nouvelle économie.

 

Exemples:

-Le commercial de la grande entreprise doit-il absolument faire signer le prospect désigné par son management ou plutôt utiliser son temps pour répondre aux sollicitations des prospects qui viennent directement vers lui mais non identifiées par la hiérarchie.  …. ou les deux … ?

-Le vendeur magasin doit il absolument rester en surface de vente même si il y a personne ou doit il utiliser son temps pour participer à l’animation sur les réseaux sociaux ou organiser des « gouters » en magasin même si ce n’est pas dans sa mission.  … ou les deux …?

 

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